lundi 21 octobre 2013

quintuple meurtre de Corez (1901)

Quintuple meurtre de Corez : le père à nié jusqu'à la mort
Condamné aux travaux forcés à perpétuité pour le meurtre de ses cinq enfants, dans la nuit du 21 au 22 avril 1901, à Corancez, Édouard Brierre n’a cessé de clamer son innocence. «J’avais à peine dépassé les grandes portes qu’un individu se jeta sur moi et me porta des coups d’un instrument tranchant. Un autre individu, que je n’ai pas vu, m’a frappé la tête. J’ai perdu connaissance et je ne me rappelle plus rien. Plus tard, je me suis traîné comme j’ai pu sur la route où j’ai crié : “Au secours?!”»

Blessures superficielles Il est 3 heures du matin, le 22 avril 1901. Réveillé par les cris, le dénommé Bouvet se précipite chez son voisin, Édouard Brierre, à Corancez. Il le trouve étendu dans sa cuisine, blessé. D’autres voisins, les frères Baron, arrivent à leur tour. Ils vont découvrir un spectacle insoutenable. Dans une première chambre, Laurent, huit ans, le seul fils de Brierre, gît la tête défoncée, les mains jointes. Flora, quinze ans et demi, Béatrix, onze ans, Laure, sept ans et Célina, quatre ans, ses quatre sœurs, sont retrouvées étendues dans une autre pièce, assassinées de la même façon. Germaine, quatorze ans, a échappé au massacre car elle vit chez sa tante, à Paris, où elle travaille dans une confiserie. Au matin, les gendarmes à La Bourdinière procèdent aux premières investigations dans la ferme et investissent le village en émoi. Édouard Brierre, dont les blessures sont superficielles, à l’exception d’une plaie à deux centimètres du cœur, est jugé en état d’être interrogé. Et tout de suite, ses déclarations paraissent suspectes.

Né le 26 novembre 1859 à Montainville, veuf depuis trois ans, il dirige une entreprise d’abattage et élève seul ses six enfants. La veille du drame, un dimanche, il a joué aux cartes et bu au café Sauger pendant que son aînée, Flora, s’occupait de ses frère et sœurs. Il quitte le bar vers 23 heures en compagnie d’un de ses voisins, Lubin. Tous deux s’arrêtent chez Pierre Heurtault pour un dernier verre. Il est environ 1 heure lorsque Lubin laisse Édouard Brierre devant chez lui. Son témoignage va peser lourd. « Quand il m’a quitté, il a ouvert devant moi sa porte toute grande et il n’y avait personne à proximité de la cour, car nous l’aurions vu », dit-il. « De même, si les assassinats avaient été commis pendant que nous étions là, on aurait entendu quelque chose. »
 « C’est pour vous marier que vous avez tué » Interrogé longuement, Édouard Brierre nie toute implication dans le meurtre de ses enfants. Mais ses dénégations ne convainquent ni les enquêteurs, ni le procureur qui va jusqu’à le traîner devant les cinq cadavres pour tenter – en vain - d’obtenir ses aveux. Inculpé d’assassinat avec préméditation, il est écroué à la maison d’arrêt de Chartres, et placé aussitôt en isolement, pour lui éviter d’être lynché par ses codétenus. Lors du procès, qui se déroule du 16 au 21 décembre 1901, Édouard Brierre maintient ses dénégations. Germaine, la petite rescapée, qui n’a jamais douté de l’innocence de son père, vient plaider sa cause à la barre, petite silhouette vêtue de noir et secouée de larmes. Pourquoi j’aurais tué mes enfants?? a demandé Brierre à ses accusateurs. En fouillant sa vie, ils n’ont trouvé qu’un mobile, fragile et atroce : la jeune femme qu’il souhaitait épouser objectait qu’il avait trop d’enfants. « C’est pour vous marier que vous avez tué », a répété le ministère public au procès. Il ne faudra qu’une heure et vingt minutes aux jurés pour voter la peine capitale. « Messieurs, je vous jure que vous avez condamné un innocent », leur lance Édouard Brierre, au moins coupable, sans doute, de n’avoir pas su les émouvoir. Sa peine est commuée le 28 janvier 1902 par le président Émile Loubet. Édouard Brierre est mort le 28 mars 1910 à Saint-Laurent-du-Maroni, emporté par la fièvre. Une nouvelle grâce présidentielle était en vue pour ce prisonnier à la conduite irréprochable qui, a résumé un journaliste « a emporté avec lui le secret de son innocence ou de sa culpabilité ». Martine Pesez martine.pesez@centrefrance.com
http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2012/12/02/quintuple-meurtre-de-corez-le-pere-a-nie-jusqu-a-la-mort_1356811.html

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les données de naissance permettent de voir quelle est la situation d'une personne à un moment donné.
ici elle est très nettement tout à fait en défaveur de l'intéressé :

avril 1901 (26/11/1859)
Me 17 P(7)
Je 18
Ve 19
Sa 20 E(1)
Di 21
Lu 22 P(12) I(9)
Ma 23
Me 24
Je 25
Ve 26

nous avons, le jour du meutre, le jour critique physique P12 et, surtout le jour critique intellectuel i9 ... un "jour critique du cerveau", fréquemment présent,  au point que je l'appelle le "jour des tueurs"... 
Edouard Brierre entrait alors dans sa période critique septennale des 42 ans. (il avait 41 ans et 5 mois)

le fait qu'il ait nié jusqu'au dernier jour peut s'expliquer par un mécanisme de schizophrénie qui peut s'opérer en jour et période critique, lors d'un drame :  ce n'est en effet pas lui qui a tué, mais un autre, qui est son double... c'est un peu l'histoire de Jeckyll et Hyde... et l'intéressé en est lui-même quasiment convaincu, ou du moins il s'est convaincu devant l'atrocité des faits qu'il a commis...
les drames ont fréquemment - quasiment toujours, d'ailleurs, puisqu'ils nécessitent de forts éléments déclencheurs - lieu en épisode critique et lorsque l'on émerge de cet épisode, une fois qu'il est passé, on ne peut reconnaître ce qui est arrivé, mais on n'est effectivement pas la même personne : raison de plus de ne pas reconnaître et nier.


je n'ai pas trouvé ce qu'il est advenu du témoignage d'un chemineau qui se serait accusé des crimes (en fin de l'article) : http://guillotine.cultureforum.net/t1995-edouard-brierre-briere-le-crime-de-corancez

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